flexi_1395841758289
Lundi dernier au théâtre des Folies Bergère, Psychologies Magazine a organisé une conférence animée par le Docteur Christophe André, Psychiatre et Psychothérapeute [Toulousain acclimaté à Paris, Christophe André est marié et père de trois filles. Il exerce comme médecin psychiatre dans le service hospitalo-universitaire de l'hôpital Sainte-Anne (Paris) où il dirige une unité spécialisée dans le traitement des troubles anxieux et phobiques. Il enseigne également à l'université Paris X. Il a rédigé de nombreux articles et ouvrages scientifiques. Il est aussi l’auteur de plusieurs livres à destination du grand public dont Méditer pour ne plus déprimer - La pleine conscience, une méthode pour vivre mieux (Ed. Odile Jacob, 2009), Imparfaits, libres et heureux - Pratiques de l'estime de soi (Odile Jacob, 2009), Méditer, jour après jour - 25 leçons pour vivre en pleine conscience (Ed. Iconoclaste, 2011) et Et n'oublie pas d'être heureux (Odile Jacob, 2014)].
Notre expert du bonheur nous a expliqué comment la psychologie positive peut changer notre vie et nous a réservé des surprises : échange et débat, petite séance de méditation, dédicace…
Les bénéfices de cette soirée ont été reversés à l’association Karuna-Shechen [une association à but non lucratif avec pour idéal la compassion en action. Depuis 2000, Karuna-Shechen initie et gère des projets spécialisés dans la prestation de soins de santé primaires et de services éducatifs et sociaux aux populations défavorisées en Inde, au Népal et au Tibet.] fondée par Matthieu Ricard [Fils de l'artiste peintre Yahne Le Toumelin et du philosophe Jean-François Revel, Matthieu Ricard vit dans l'Himalaya depuis 40 ans. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le Moine et le Philosophe, Plaidoyer pour le bonheur, l'Art de la méditation et Chemins spirituels (NiL Éditions). Il est également l'auteur de plusieurs livres de photographies dont Tibet, Bhoutan, et Un voyage immobile (La Martinière) (www.matthieuricard.org). Docteur en génétique cellulaire, Moine bouddhiste tibétain, il collabore activement à plusieurs programmes de recherches en neurosciences sur les effets de l'entraînement de l'esprit sur le cerveau et de la méditation. Il vit actuellement au monastère de Shechen au Népal et consacre la totalité de ses revenus et droits d'auteurs à plus de cent projets humanitaires (voir www.karuna-shechen.org)].
CG COACHING vous en offre une synthèse.
Christophe André nous invite à l’écouter avec un scepticisme bienveillant ce qui me fait penser au cinquième accord de Toltèque : « Soyez sceptique, mais apprenez à écouter ». « La psychologie positive est un outil de renforcement de solidité personnelle pour affronter tout un tas de difficultés. »

1) Il est possible d’accroitre notre niveau de bien-être subjectif.
Notre niveau de bien-être subjectif est décomposé de la manière suivante :
50% de notre niveau de bien-être sont liés à nos prédispositions à le ressentir en fonction de notre tempérament, de notre passé, de nos « pilotes automatiques » (cf. dans la conférence de Deepak Chopra : le réglage de base). Avons-nous plus souvent tendance à voir le bon côté des choses, à extraire le positif d’une expérience, d’un évènement ou bien le contraire ?
40% de notre niveau de bien-être sont liés aux activités intentionnelles, c’est-à-dire à tous les efforts que nous fournissons pour augmenter notre bien-être.
10% de notre niveau de bien-être sont liés aux circonstances et environnement auxquels nous sommes exposés.
Ces trois facteurs influencent notre niveau de bien-être. Le constat que nous pouvons faire est que nous avons vraiment la possibilité de décider, d’agir, de mettre en place des comportements et habitudes pour augmenter notre niveau de bien-être.
« Même si nous avons grandi dans une famille « caliméro », nous pouvons apprendre à penser positivement. »

2) Cela nécessite un entrainement de l’esprit comme n’importe quel apprentissage.

3) Cet entrainement modifie progressivement et à long terme les câblages neuronaux (automatismes cérébraux) Cf. La neuroplasticité.
Nous sommes ce que nous répétons chaque jour. Aristote

4) L’objectif de la psychologie positive est un équilibre émotionnel dans lequel les émotions positives sont plus fréquentes que les émotions négatives.

5) Le bien-être est une affaire de Conscience.
1-Qu’est-ce que la Psychologie Positive ?
La psychologie positive (à différencier du courant de la pensée positive, de la méthode Coué et de la règle des 3 P) s’apparente de prime abord à l’énonciation de grandes platitudes et de bon sens. Nonobstant, l’important n’est pas ce que nous savons mais ce que nous faisons. Elle met en exergue des choses très simples que nous avons tendance à juger ardemment avant même de les pratiquer.
Christophe André a recours à la métaphore de la corde. Tels les fils de la corde, tous les efforts en psychologie positive considérés isolément de l’ensemble ont peu d’effet mais considérés dans leur ensemble, ils sont solides et très puissants.
La Psychologie positive est une réflexion scientifique sur le fonctionnement humain optimal. Ce n’est pas un déni de la réalité mais une approche multidimensionnelle.
Un courant de recherche très vigoureux donne du crédit à la psychologie positive. De nombreuses études permettent de prouver les bénéfices de la pratique de l’optimisme, de la gratitude, de la compassion.
Il a été démontré que les émotions positives améliorent le fonctionnement de notre système immunitaire.
Christophe André nous fait participer à quelques exercices rapides, simples et ludiques pour apprécier l’impact de notre humeur, de nos émotions positives et négatives sur notre vision du monde, sur notre perception de la réalité, de ce qui nous entoure, sur le fonctionnement de notre activité cérébrale.
Il en résulte que lorsque l’on éprouve des émotions positives, notre vision s’en trouve élargie et plus globale, aussi, notre capacité à faire des associations d’idées (positives) est favorisée tandis que quand nous ressentons des émotions négatives, nous nous focalisons plus sur les détails, notre attention est portée sur ce qui ne va pas et nous avons tendance à généraliser.
Le but n’est pas d’éradiquer les émotions négatives car nous serions d’une certaine manière déséquilibrés voire en danger dans certains cas. Nous avons besoin de temps en temps de nous focaliser sur les détails et le reste du temps d’entretenir une vision globale.
Nos émotions positives favorisent l’augmentation des capacités de concentration, de mémorisation et d’intelligence. Cette affirmation met à mal la légende de « l’imbécile heureux ! » Par ailleurs, elles modifient notre rapport à l’incertitude car notre humeur va induire notre prévision de l’avenir.
Un tempérament anxieux ou dépressif va avoir tendance à anticiper des scénarii catastrophes, à imaginer toujours le pire et à voir augmenter toutes les incertitudes sur l’avenir.
Contrairement aux idées reçues, il a été prouvé que cultiver son bonheur, son bien-être n’est pas une quête égoïste mais altruiste. Les émotions positives, en effet, favorisent le lien social, l’attention aux autres et la bienveillance. (Cf. entre autres, une étude de Rebecca Shankland)
Il existe une corrélation nette entre : plus on est heureux, plus on redistribue son argent et plus on donne de l’argent, plus son propre bonheur augmente.
Des études ont démontré qu’à la suite d’un événement stressant, si nous entretenons des émotions négatives, le retour d’un rythme cardiaque à la normale est plus long que si nous ressentons des émotions positives. (Cf. La cohérence cardiaque). Les cardiologues sont les premiers à démontrer l’influence des émotions sur le système cardio-vasculaire. La plus néfaste est la colère non-exprimée.
Ainsi, après une journée de travail stressante, inutile d’insister sur le fait qu’il est préférable de passer un bon moment, de se retrouver entre amis, de visionner un film drôle, de pratiquer de la méditation, de trouver une activité qui va nous aider à ressentir des émotions positives...
Le bonheur augmente notre durée de vie. L’effet de taille est comparable en sens inverse à celui du tabac ! « Alors chers fumeurs, si vous voulez allonger votre espérance de vie, soyez particulièrement heureux ou arrêtez de fumer ! lol »
A ce jour, les études ont permis de démontrer la corrélation entre bien-être, santé et longévité mais ces données ne sont pas applicables en cas de maladie déclarée bien que les suppositions tendent vers la même conclusion.
La psychologie positive va nous aider à améliorer la qualité des années qui nous restent à vivre et à agir comme outil de prévention.
2-Les leçons du Bonheur
Tout le monde aspire au bonheur mais la plupart d’entre nous s’y prend mal.
Nous recherchons tous le bonheur, mais sans savoir où, comme des ivrognes qui cherchent leur maison, sachant confusément qu’ils en ont une. Voltaire

Christophe André nous donne son équation du bonheur : B = BE + C
Bonheur = Bien-Être + Conscience
Mon bonheur est constitué du bien-être que j’expérimente et dont je prends conscience.
Si je fais des choses agréables sans en avoir conscience, je vais ressentir du bien-être mais il ne contribuera pas à mon bonheur car je ne l’aurai pas transcendé. Le bonheur c’est vivre des choses agréables et transcender un simple bien-être en émotions nobles conduisant à des sentiments d’apaisement, de satisfaction, de sécurité, de gratitude. Avoir conscience de son bien-être laisse une empreinte cérébrale plus forte. Le souvenir de ce bien-être est par conséquent mieux mémorisé et ainsi facile à réactiver dès que nécessaire.
Être disponible à la prise de conscience est un élément central de la psychologie du bonheur.
Néanmoins, nous rencontrons 4 difficultés avec le bonheur :
1-L’absence de prise de conscience ou lorsque celle-ci se fait trop tard parfaitement illustrée par la citation de Raymond Radiguet : « Bonheur, je ne t'ai reconnu qu'au bruit que tu fis en partant. »
2-La réticence à s’engager dans le bonheur car il va ensuite cesser ; et la difficulté à accepter ses intermittences.
Il est nécessaire d’accepter cette intermittence, sinon nous sommes condamnés à être anxieux et à être pessimistes. Or un pessimiste a, certes, raison à 50% car bien-sûr le bonheur va et vient mais, c’est justement parce que le bonheur va inéluctablement s’arrêter qu’il faut en profiter au maximum dès qu’il se présente.
3-L’habituation hédonique
Le fait qu’une source de bonheur est présente souvent, constamment, progressivement elle perd de sa puissance. (Cf. Les exemples de la démocratie et de la douche chaude.)
D’où l’importance de réfléchir activement à toutes les sources de bonheur invisibles ou auxquelles nous nous sommes habitués.
4-Les comparaisons
Comparer son bonheur actuel avec celui que j’espérais
Comparer son bonheur actuel avec le bonheur passé
Comparer son bonheur avec celui des autres
Voici trois façons de laisser échapper son Bonheur !
Une étude réalisée sur les médaillés olympiques a mis en lumière que le médaillé d’argent est plus malheureux que le médaillé de bronze car il se concentre sur la frustration d’être passé à côté de la médaille d’or, alors que le médaillé de bronze savoure la victoire de monter sur le podium. Pourtant le médaillé d’argent aurait plus de raisons de se réjouir que le médaillé de bronze. Encore un exemple de l’influence de la manière dont nous percevons les situations sur notre bien-être.
Les deux indicateurs qui montrent qu’une personne est en état de bien-être sont les yeux et le sourire. Plus les yeux sont plissés et plus sa bouche est largement ouverte (grand sourire), plus le bonheur ressenti est intense et authentique.
Tous les humains sont des intermittents du Bonheur. Christophe André
3-L’équilibre émotionnel
Inutile de vouloir toujours positiver. Il ne s’agit pas d’éradiquer les émotions négatives car elles jouent un rôle utile dans la balance émotionnelle.
L’important est la répartition de ses émotions. Le but est de vivre des émotions négatives le moins souvent et dans une durée la plus courte possible.
La culpabilité est vitale au bon fonctionnement des sociétés humaines mais néfaste par ses excès.
La peur protège (ex : un alpiniste qui n’aurait aucune peur du vide se mettrait en danger).
Idéalement, le ratio de losada propose :
  • 60 à 75 % d’émotions positives
  • 40 à 25 % d’émotions négatives
La difficulté à cultiver le bonheur est liée à notre constitution originelle. Notre cerveau est câblé pour prioritairement capter les émotions négatives car l’homme préhistorique ne pouvait pas passer à côté d’un danger, d’un prédateur ; il en allait de la survie de l’espèce.
Pour palier cela, il est important de développer la fréquence des moments agréables et d’augmenter la conscience et la disponibilité à apprécier ces moments agréables.

Exercice pratique :
Tous les soirs, repenser à 3 moments agréables dans la journée (même les plus anodins, même si la journée a été particulièrement mauvaise) et se concentrer à retrouver la sensation procurée.
S’endormir sur ces trois bons moments va muscler les circuits cérébraux réceptifs à la mémorisation des bons moments.
Les bénéfices de cet entrainement, entre autres, sont d'accroître notre capacité à voir le bon côté des choses même dans l’adversité.
Christophe André salue le travail du Dr David Servan-Schreiber.
4-Présence et Conscience
Ensuite, il nous sensibilise aux dangers de notre société de pléthore et au fait que pour la première fois, nous dénonçons les aspects négatifs du progrès. Le progrès pourrait conduire à une régression de notre bien-être si nous ne sommes pas vigilants.
Nos cerveau et attention sont trop exposés à un flot d’information digitale qui plus est par interruption. Dans un cas sur deux, nous sommes happés par des pensées qui sont étrangères à ce que nous sommes en train de faire.
On assiste à une compétition entre temps d’écran et temps d’interactions sociales, à une compétition entre temps d’écran et capacités intentionnelles, à une compétition entre temps d’écran et temps de repos.
Nous avons tendance à ne jamais laisser reposer notre cerveau. Or, quand nous sommes au repos, le « réseau par défaut » prend le relais. Il permet à notre cerveau de faire des mises à jour, de l’archivage, du tri, du nettoyage. Il est favorable à notre aptitude intellectuelle et à notre équilibre émotionnel.
En outre, il existe un lien très fort entre stabilité émotionnelle et bien-être. Quand je suis présent à ce que je fais, je suis plus attentif et donc plus réceptif aux bienfaits des moments agréables.
Il est utile de reconnaître que nous sommes « esclaves » de tous ces outils digitaux. La pyramide de Maslow est « bouleversée » par l’essor du digital dans nos vies et du besoin « fondamental » d’être connectés.
Nous sommes dans une société aux multiples sollicitations et outre les avantages de celles-ci, elles engendrent une consommation d’énergie, non négligeable car nous devons fournir plus d’efforts dans les fonctions d’auto-régulation et d’auto-contrôle.
Il est de notre responsabilité de faire des choix pour sélectionner ce à quoi nous souhaitons céder et ce à quoi nous voulons résister.
Lorsque nous apprenons à méditer, nous apprenons également à cultiver notre bien-être.
Christophe André nous recommande dans les temps d’attente et de transition, de ne rien faire, de se concentrer sur notre respiration, sur l’instant présent. Par ailleurs, il nous invite à désacraliser le mythe du cerveau multitâches et de rester focus sur ce sur quoi nous travaillons. Nous devons nous discipliner à ne faire qu’une chose à la fois, à faire des pauses, à réapprendre à ne rien faire.
5-Synthèse et Conclusion
Si je suis conscient, naturellement, je serai plus heureux.
À quoi sert le bonheur ?
Il cite Paul Claudel :
Le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie.
Le bonheur est tout sauf un luxe. Pourquoi les humains ont-ils cette capacité à prendre conscience de leur douleur ?
Le bonheur nous aide à traverser la vie. Sans lui, nous ne pourrions pas vivre et nous succomberions à la tragédie de la vie : naitre – souffrir – mourir. De ce fait, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue.
On ne peut s’en sortir qu’en ayant un rapport lucide, adulte, mature.
3 façons d’appréhender le bonheur :
a) Avoir l’intelligence et la conscience de savourer les moments quand ça va bien - Être heureux quand tout va bien.
b) Avoir la capacité de ne pas oublier d’être heureux quand les soucis ne sont pas trop graves.
c) Être heureux même dans le malheur, garder l’énergie et la force du bonheur plutôt que de se laisser contaminer par l’adversité qu’elle nous concerne ou concerne celle de l’entourage.
Pour conclure, il cite le poète Christian Bobin –Prisonnier au berceau–
Je compris aussi très vite que l’aide véritable ne ressemble jamais à ce que nous imaginons. Ici nous recevons une gifle, là on nous tend une branche de lilas, et c’est toujours le même ange qui distribue ses faveurs. La vie est lumineuse d’être incompréhensible.
Christophe André achève sa conférence en nous invitant à nous débrouiller pour faire la plus grande place au bonheur.
Il y aura dans votre vie pleins de moments heureux et d’autres malheureux. Faisons de notre mieux pour souffrir le moins possible.

Tout au long de la conférence, Christophe André a appuyé ses propos par la présentation de nombreux travaux scientifiques, crédibilisant d’autant plus les bienfaits de la pratique de la psychologie positive.
Puis, lors du débat animé par Arnaud de Saint-Simon depuis bientôt 20 ans à la tête de Psychologies Magazine, et aux côtés de trois personnes représentant le lectorat du magazine, il répond aux questions posées avec la même conviction. Il évoque l’évolution de la conception du bonheur au travail car pendant longtemps la question n’était pas d’être heureux au travail ni en couple. Le travail était, en effet, un gagne-pain et le couple, le fruit d’une association de deux patrimoines et l’assurance de perpétuer la lignée.
En outre, du point de vue de la religion catholique, notre passage sur terre servait à s’occuper de notre salut pour gagner le bonheur éternel au paradis. L’église a évolué à ce sujet.
A partir des années 1950-60, conjointement à l’essor de la société de consommation, nos attentes ont considérablement augmenté et de facto notre risque de ressentir déception et frustrations s’est accru.
Il poursuit son discours par le fait que bien-être et performance sont compatibles, que s’occuper de soi n’est pas égoïste (Cf. Les travaux de recherche de Thomas d'Ansembourg avec l’intériorité citoyenne : prendre soin de son équilibre intérieur fait de nous des personnes plus citoyennes), que les entreprises, bien que reconnaissant intellectuellement la nécessité de contribuer au bien-être de leurs salariés, doivent mettre en place plus d’actions concrètes et stopper la diffusion de l’équation « hausse de bien-être = baisse de motivation ».
J’ai à cœur de contribuer à aider les êtres humains  à trouver des clés pour s’ouvrir  à une vie plus heureuse, plus inspirée, rayonnante et donc  généreuse. Thomas d'Ansembourg
Enfin, la soirée s'achève par une courte séance de méditation ainsi que par une séance de dédicaces.
Consulter le site de Christophe André
Consulter le site de Psychologies Magazine
Candice Gatti

Laisser un commentaire